Considérant que :
> l’utilisation du viol comme tactique de guerre n’a pas de frontière géographique, ni culturelle, ni liée au sexe ou à l’âge.
> cette tactique correspond à une stratégie politique qui vise à traumatiser, stigmatiser et exiler systématiquement des populations entières en brisant leurs liens communautaires, de filiation et de transmission de leurs patrimoines.
> le viol comme tactique de guerre n’est pas un effet collatéral de tout conflit mais une prise de pouvoir spécifique, délibérée et ciblée sur la "purification" ethno -religieuse des populations rendues victimes.
Elle tend à se répandre en touchant aux tabous universels de la sexualité, de l’intime et de la honte, rendant le témoignage et l’apport des preuves difficile alors qu’il s’agit d’éléments essentiels pour permettre le fonctionnement de la justice.
> les stratèges, commanditaires et agresseurs utilisent cette tactique en étant conscients qu’elle renforce l’exclusion des victimes par leurs proches.
> la solidarité de proximité, exercée collectivement au niveau même des familles et des communautés victimes est un levier de progrès dans le combat contre le viol comme tactique de guerre.
> les statuts de la CPI, en faisant de cette pratique un élément des crimes de guerre et contre l’humanité et un instrument de génocide tout comme les déclarations et les résolutions internationales, en particulier celles de l’ONU, du Conseil de l’Europe et de l’Union Africaine, renforcent la condamnation de cette pratique.
> un changement aura lieu si les victimes du viol comme tactique de guerre, hommes et femmes, parviennent à situer cette pratique dans son contexte politique et collectif en la sortant de la stigmatisation dans laquelle elles peuvent s’enfermer.
Cette pratique ne sera plus considérée comme locale ni comme la conséquence de traditions culturelles ou religieuses spécifiques.
> une reconnaissance effective du viol comme tactique de guerre au plus haut niveau des gouvernements, des corps législatifs et judiciaires nationaux et internationaux sera d’autant plus efficace que tous les acteurs concernés -c’est-à-dire les victimes, familles et communautés affectées ainsi qu’associations d’aide et de soutien- travailleront ensemble de manière claire et cohérente dans la dénonciation et la sanction du viol comme tactique de guerre.
L’Observatoire international de l’usage du viol comme tactique de guerre est crée pour :
promouvoir une vision globale des causes et de la pratique du viol comme tactique de guerre ;
promouvoir au niveau national et international, la reconnaissance de l’ampleur du problème du viol comme tactique de guerre et renouveler ainsi les démarches de plaidoyer pour renforcer les actions auprès des cibles traditionnelles et y inclure de nouvelles cibles ;
avancer une analyse compréhensive et pluridisciplinaire des facteurs (dont l’impunité) facilitant l’usage du viol comme tactique de guerre ;
faciliter la reconnaissance des causes de cette tactique et ses répercussions négatives globales et multiples, grâce à la compétence complémentaire de ses membres ;
mobiliser, collectivement, aussi bien les femmes que les hommes, ces derniers étant souvent décideurs de stratégies politiques, militaires et économiques ainsi qu’autorités religieuses et coutumières.
Ceci afin de placer le viol comme tactique de guerre en tant que problématique publique à part entière.
En :
organisant une vigilance sur l’ensemble des pays et régions concernés : recueil et analyse des données relatives au viol comme tactique de guerre (par exemple : déclarations d’hommes politiques ou d’autorités religieuses, témoignages des partenaires, discours dans les médias, rapports d’ONG et OI…), recherches spécifiques (carte, signes précurseurs, sondages et enquêtes…), partage de synthèses permettant une prise de recul par rapport aux initiatives, souvent ponctuelles, d’alerte de l’opinion ;
facilitant la mise en réseau et les échanges d’information des organisations de terrain déjà existantes ;
concevant des outils ciblés de plaidoyer, promouvant leur utilisation et évaluant son avancement ;
faisant connaître ses travaux et interventions, notamment auprès des cibles du plaidoyer et des médias ;
Observatoire international de l’usage du viol comme tactique de guerre